[ENG]

 

Any lingering doubts about the Scandinavian scene’s pre-eminent role in great modern musical creation should be dispelled by Swedish Francophile Fredrika Stahl’s brilliant new album. Stylishly produced by Rob Ellis, Off to Dance crowns her as the rightful heir to Kate Bush as the new queen of refined, dreamy pop.

 

Fredrika Stahl was only eighteen when she started work on her first album. As with many initial projects, nothing happened overnight; the record took nearly four years to make. Since that first venture, the musician’s output has been impressive and regular, with a new album every two years. Fredrika would be the favourite in any contest for the most Francophile Swede. She spent part of her childhood in France and has lived there all of her adult life, and, above all, she speaks the language of Edith Piaf fluently. Now at just 28, she is releasing her fourth album, the dazzling Off to Dance.“Albums are getting more and more difficult to make because I don’t want to repeat myself. But that’s why it’s interesting.” More than interesting, this latest album is enthralling. Not just a new departure, Off to Dance is a fabulous renaissance of Fredrika Stahl. Once a regular feature in magazine jazz columns, the artist has been reborn as a pop phenomenon, joining an eminent family including Emiliana Torrini, Feist, Kate Bush and Keren Ann.“Basically, I think my raw work has always been very pop,” she confides.

 

Fredrika owes much of this change to the experience she has acquired over the last year or so. Since 2010, the musician has scored a hit with her album Sweep me Away, boosted by the success of Twinkle Twinkle Little Star (a variation on the nursery rhyme used in a commercial for a well-known make of car). Fredrika has also performed tirelessly, appearing in nearly 150 concerts in a duo or with a band, taking her songs from France to the UK, Poland, Germany, Turkey and even Algeria. She has also hit the stage of the Théâtre du Châtelet with Benjamin Biolay and former Libertines front man Carl Barat for the Pop’pea project, a fresh rock take on Monteverdi’s ‘The Coronation of Poppea’. “These last two years have been very intense. It’s been like closing a chapter to better prepare the next one. So I naturally wanted to work with new people on this new record."

 

On the advice of her manager, the Swedish artist met up with producer Rob Ellis, a man who loves women of taste (he is known for his work with PJ Harvey, Marianne Faithfull and Anna Calvi). He brought in a dazzling cast of musicians to back Fredrika, inviting Ben Christophers of Bat For Lashes, Portishead’s Adrian Utley and Tom Havelockfrom Cold Specks. Last winter, these brilliant artists locked themselves away in a studio installed in a house in a remote part of Wales with sheep on one side and a river on the other.“It was freezing. It never stopped raining outside. That made for a weird, almost mystical atmosphere.” The wild, bucolic Welsh landscape was an ideal setting for the young woman to get to know the others and record her songs. “I’ve always been melancholic. This time, I tried to make sure it wasn’t a handicap.”

 

In fact, Off to Dance is far from melancholic. It is a delicate, gracious record empowered by its inspired composition and that sensitivity that characterises Scandinavian songwriters.

It reintroduces us to a singer who can walk melodic tightropes (Trip me Up), weave true miracles of piano-based pop in the footsteps of Kate Bush or Joni Mitchell (Deep Breath Then Dive), connect with Regina Spektor (Off to Dance) or Fiona Apple (Glory), and finally shake a leg to seriously rival Feist or Lykke Li (We are Whole).

 

The album holds the first melodic pearls of 2013 (Off to Dance and the enchanting Little Muse, backed by silken arrangements). Above all, it breathes a genuine sensitivity, a spirit, a soul… “When I was younger, I wanted to do things properly, I didn’t want to make any mistakes. Working with Rob this time, I had to learn to loosen up and let the emotion take hold.”

 

When you ask what her plans are for the future, Fredrika says she would like to write a film soundtrack. On the silver screen, Off to Dance would be a shoo-in for an Oscar.

 

[FR]

 

A ceux qui douteraient encore de l’éminence de la scène scandinave lorsqu’il s’agit de rédiger de beaux chapitres sonores, la francophile Suédoise Fredrika Stahl répond avec un nouvel album somptueux. Élégamment réalisé par le producteur Rob Ellis, Off to Dance fait de la musicienne l’héritière légitime de Kate Bush, la nouvelle souveraine d’une pop raffinée et rêveuse.

 

Fredrika Stahl avait tout juste dix-huit ans lorsqu’elle a commencé l’écriture de son premier album - comme c’est le cas de beaucoup de premiers projets, la chose aura nécessité près de quatre ans pour voir le jour. Depuis ce chapitre initial, la musicienne affiche une cadence régulière et impressionnante, accouchant d’un nouveau disque tous les deux ans. A à peine 28 ans, celle qui pourrait concourir au titre de plus francophile des Suédoises -elle a passé une partie de son enfance en France, y réside depuis sa majorité et, surtout, parle couramment la langue de Barbara- publie ainsi son quatrième album, un Off to Dance éblouissant. "Les albums deviennent de plus en plus difficiles à faire car je n’ai pas envie de me répéter. Mais c’est ce qui rend les choses intéressantes."

Les choses sont mêmes passionnantes ici : plus qu’un renouvellement, Off to Dance est une formidable renaissance pour Fredrika Stahl. Jadis habituée aux colonnes jazz des magazines, la musicienne apparaît aujourd’hui comme une grande artiste pop et s’invite à la table d’une belle famille virtuelle qui réunirait aussi Emiliana Torrini, Feist, Kate Bush ou Keren Ann. "Je crois que, dans le fond, mon travail brut a toujours été très pop", concède l’intéressée.

 

Cette évolution, Fredrika la doit d’abord à l’expérience acquise ces quatre derniers trimestres. Depuis 2010, la musicienne a connu le succès avec son album Sweep me Away, porté par le petit carton de Twinkle Twinkle Little Star, variation autour d’une comptine anglaise qui avait vu la jeune femme égayer la publicité d’une célèbre voiture. Fredrika a également enchaîné près de 150 concerts, se produisant en duo ou accompagnée d’un groupe, promenant ses chansons entre la France, l’Angleterre, La Pologne, l'Allemagne, la Turquie et même l’Algérie. Pour le projet Pop’pea, qui revisitait, dans une version rock, le Couronnement de Poppée de Monteverdi, elle a en outre foulé la scène du Théâtre du Châtelet aux côtés de Benjamin Biolay et de l’ex-Libertines Carl Barat. "Ces deux années ont été très intenses. J’ai senti que j’étais en train de fermer un chapitre, pour mieux préparer le suivant. J’ai donc naturellement eu envie de travailler avec de nouvelles personnes pour ce nouveau disque."

 

Sur les conseils de son manager, la Suédoise rencontre alors le producteur Rob Ellis alias l’homme qui aimait les femmes de goût : il est connu pour ses collaborations avec PJ Harvey, Marianne Faithfull ou Anna Calvi. Autour d’elle, le réalisateur agence un casting en or, conviant Ben Christophers de Bat For Lashes, Adrian Utley de Portishead et Tom Havelock de Cold Specks. Tout ce beau monde part s’enfermer, l’hiver dernier, dans un studio niché dans une maison du fin fond du Pays de Galles, entre moutons et rivière. "C’était glacial. Il pleuvait dehors sans cesse. Ca a créé une drôle d’ambiance, presque mystique." Dans ce paysage sauvage et bucolique, la jeune femme trouve le décor parfait pour accueillir et mettre sur bande ses ballades. "J’ai toujours été une personne mélancolique. Cette fois, j’ai essayé de ne plus en faire un handicap."

 

Off to Dance n’est d’ailleurs pas un album mélancolique : c’est un disque délicat, gracieux, porté par une sensibilité symptomatique des songwriters scandinaves et une écriture en or.

On y découvre une chanteuse capable de se faire funambule de la mélodie (Trip me Up), d’agencer de vrais petits miracles pop autour d’un piano telle une Kate Bush ou une Joni Mitchell (Deep Breath then Dive), de se faire correspondante de Regina Spektor (Off to Dance) et Fiona Apple (Glory), ou enfin de titiller les jambes comme une sérieuse concurrente de Feist ou Lykke Li (We are Whole).

 

Portés par des arrangements soyeux, on y entend s’enchaîner les premiers trésors mélodiques de 2013 (Off to Dance ou le ravissant Little Muse). Surtout, on y décèle une vraie sensibilité, un souffle, une âme. "Plus jeune, j’avais envie de bien faire, je ne voulais pas faire d’erreur. Cette fois, en travaillant avec Rob, j’ai du apprendre à lâcher prise, privilégier les émotions."

Quand on lui demande ce qu’elle envisage pour l’avenir, Fredrika répond qu’elle se verrait bien composer la bande originale d’un film. Fût-il transposé sur grand écran, ce Off to Dance mériterait la palme d’or.

 

Johanna Seban